Nathalie Gineste est l’une de nos spécialistes en matière de Beaux-Arts. Titulaire d’un master en arts plastiques avec mention, son mémoire s’intitule Fragments : une fiction plastique pour redonner une mémoire familiale paysanne. Elle prépare actuellement un ouvrage sur les peintres méridionaux.
Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous présenter le second épisode de
« J’ai envie de peindre de l’humain. Que diable! » Durant ce délicieux été, c’est donc la vie de Léon Laurent Galand que notre auteure inspirée vous croquera ici en quelque 4 épisodes et dont nous aurons la joie de vous présenter.

Deuxième épisode

Je paraphrase notre peintre Léon Galand: «Mon goût prononcé pour le dessin m’oriente vers l’art du portrait qui nécessite une grande sincérité et habileté dans le geste. Mais aussi une vivacité.» Le portrait a joué un grand rôle dans sa vie et dans son œuvre. C’est donc sur ce genre pictural que je laisse la parole à Léon.

La mairie de Montpellier m’achète un tableau pour le musée. D’après l’extrait des délibérations du Conseil municipal du 10 février 1898 : « le tableau de M. Galand est une peinture pleine de qualités, dans laquelle côté de certains défauts dus à l’inexpérience, de l’artiste, on trouve des morceaux d’une exécution réellement supérieure ». L’achat se fait au prix de 1 200 Francs. Je ne pensais pas avoir autant de valeur.
– Tiens ! Le facteur vient de passer.
Je me précipite pour lire la lettre du conservateur du musée adressé à Monsieur le Maire : «l’œuvre… la majorité des suffrages du jury de peinture, dans le concours de Rome… j’ajoute qu’aucun autre candidat n’a eu ce prix qui est resté sans emploi en 1897. … Il a eu un 1er prix de tête peinte dite tête d’expression, prix qui lui a été décerné à l’école spéciale des Beaux-Arts de Paris où il tient la 1ère place.» Mon visage devient rouge comme une pivoine.

En route pour Paris

Toutes ces gratitudes me propulsent et je décide de monter à Paris avec peu de bagage comme la plupart des peintres de cette époque. Mon installation se fait au n°191 du Faubourg Saint Honoré et je deviens l’élève d’Ernest Michel, de Delaunay, de Cormon et de Gustave Moreau. Dans cette capitale, la vie est bouillonnante. Je ne sais pas où donner de la tête. Mais la lumière du midi me manque tant ! Cette grisaille parisienne me déprime.

Malgré cela, je remporte le prix Cambacérès, le prix du baron Trémont et une mention honorable du Salon des artistes français. Mon effort artistique est récompensé. Entre quelques portraits, on me demande des marines et des illustrations. Dame, il faut bien faire bouillir la marmite.

Vagues, un tableau de Léon Galand
Vagues

Peintre et illustrateur

Puis on me confie plusieurs illustrations qui ont depuis été épuisées. Sont restées des affiches dont celle de 1907 par exemple, pour le carnaval de Montpellier, ma ville.

Affiche pour le Carnaval de Montpellier en 1907, par Léon Galand, peintre français.
Affiche pour le Carnaval de Montpellier en 1907, par Léon Galand, peintre français.

Maintenant, j’en ai marre de peindre des paysages. J’ai envie de peindre de l’humain. Que diable !
Mon goût prononcé pour le dessin m’oriente vers l’art du portrait qui nécessite une grande sincérité et habileté dans le geste. Mais aussi une vivacité.

Successivement, je fais les portraits de Madame Meynard, de Mme Georges Laguerre, du sénateur Dréandeis. Je deviens brusquement un peintre connu avec «American bar» et «Bon Samaritain». Ne parlons pas des portraits de M. Canonne, du docteur Priolo, et du poète Miremont!

Le portrait de Raphael Gaspéri

Mais, je commence à me lasser de cette vie parisienne et mondaine. Je souhaite préparer Mon Salon dans ma nouvelle ville d’adoption: Brive. Pour cela, je décide de me faire remarquer avec un remarquable portrait de M. Gaspéri avec son chapeau et sa pipe arborant un sourire inimitable. 

Portrait de Raphael Gaspéri par Léon Galand, 1907
Portrait de Raphael Gaspéri par Léon Galand, 1907

Le 12 février 1903, j’épouse Claire Augustine Dyonnet à St Denis (Seine) qui expose deux pastels au Musée Fabre de Montpellier en 1904 sous le nom de Mme Galand-Dyonnet.

Mais, devinez qui je croise ? Le jeune Ludo Chauviac. C’est un excellent peintre.

À suivre