Il y a peu, une amie de la plume me demandait d’éclairer sa lanterne sur mon activité de Biodanza. J’aurais pu, bien sûr, et par facilité, la diriger vers WIKIPEDIA ou GOOGLE, tels les deux indicateurs incontournables de la science infuse. J’ai préféré lui relater comment je vis, je ressens, chacune de mes invitations à danser la vie.
Car, au fond, c’est cela, la Biodanza : trouver en soi l’enthousiasme et le courage de transformer ses émotions en la joie de se sentir intensément vivant. Chacune de mes séances m’emporte vers un ailleurs, vers une poétique rencontre humaine.

Depuis toujours, je suis tel un animal craintif qui redoute de rejoindre la meute. Lors de ma toute première vivencia (séance), dos au mur, je n’osais me lancer vers cette nouvelle et bienveillante aventure. Mais, poussée par l’élan du groupe, je pus me glisser au sein du cercle de parole où chacun s’exprimait sur ses ressentis de la dernière séance et, en général, ses bienfaits. Chacun de nous tous recevait cette émotion en silence, avec respect et sensibilité.

Rendre sa vie pleine

Et c’est ensuite, après ces approches timides, semblables à des parades amoureuses, que nos mains se joignirent, créant un lien puissant. Nos corps et nos âmes acceptant de se rencontrer afin de vivre pleinement l’instant présent. Notre ronde d’accueil, sur un rythme allant crescendo, nous emporta alors vers des émotions euphoriques. Nos sourires lumineux exprimant le bonheur d’être ici et maintenant, nos regards plongeant les uns dans les autres en une sympathie innée. Nous marchions, dansions, sautions, nous abandonnant à cette énergie du cœur.
La ronde terminée, les cœurs emballés, nous pouvions ainsi entrer dans le vif du sujet : danser nos émotions.

Ce fut l’exploration de nos tumultes intérieurs. La transcendance d’un concerto baroque me fit m’abandonner, accueillant la violence de mes émotions comme un flot de vagues submersives. De tout mon être, je me vidais des ennemis de mes émeutes intimes. Mon corps effervescent entamait une guerre froide, jetant au feu les agressions profondes qui m’assaillaient.
La folle sarabande me laissa épuisée, tant j’avais convulsé mes douleurs, me vidant de toutes mes résistances. Mon cœur, doucement, s’apaisa, mettant à l’unisson ses battements et ma respiration.

La musique peut éveiller en nous…

…des émotions aussi violentes que sensuelles, voire sentimentales. Portée par le rythme soutenu du tempo, j’ai pu ainsi faire céder tous mes barrages, laissant s’écouler, en un flot fulgurant, la joie d’être enfin moi, libérée et apaisée. L’allégresse submergea tout mon être, et c’est en larmes que je pouvais enfin escalader la digue de mes émotions.
Quelques danses plus tard, en solo, à deux ou à plusieurs, nous avons pu terminer notre ‘’vivencia’’ en un ultime cercle. Progressivement, au fil de la séance, nous avions pu entrer progressivement dans l’instant présent pour accueillir tous nos émois. Notre dernière ronde, étape ultime de ces instants de partage, nous a permis de nous libérer totalement, nous remerciant tous et toutes d’un regard bienveillant, certains yeux encore noyés de larmes.

Un seul cri de joie

La musique nous emporta alors vers un seul cri de joie exaltée, nos bras se levant vers un ciel clément qui nous protègerait au cours de la semaine à venir. La sagesse inconsciente de nos corps nous permettrait d’attendre la prochaine séance, distillant au fil des jours chaque goutte de la confiance que nous avions engrangée.

Voilà, mon amie de la plume, j’espère que ta lanterne est à présent éclairée.
Quant à vous, amis écrivants et chers lecteurs de Découverte, le magazine qui ouvre les yeux et l’esprit, j’espère que par ces quelques mots, métaphores ou comparaisons, cette modeste contribution, du reste sans aucune prétention littéraire, a su vous émouvoir.

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